CLÉMENT BOUDIN

6 June - 12 July

Clement Boudin

Clément Boudin retourne à la peinture d'observation pour la repenser en rapport avec son expérience de vie et de création artistique dans un projet rural et communal à Lacelle, en Corrèze. La décision de délocaliser sa pratique artistique, dans un environnement marginal et de travail sisyphéen, nous éclaire sur son questionnement des traditions héritées de l'histoire de la peinture.

La série Outils noirs dépeint des outils à main traditionnels, presque flottants, ressemblants à des apparitions, dans un espace indéfini et ombragé. Sans les effets dramatiques du clair-obscur ou d'autres astuces historiques de la peinture, les objets représentés vivent dans la pénombre d'ouvriers et d'ouvrages oubliés. Le style et la technique des petits tableaux sont classiques et naturalistes, mais échappent de justesse à l'anachronisme grâce à une utilisation intelligente du mauvais cadrage qui ampute le sujet supposé du tableau.

S'appuyant sur l'histoire de la photographie plutôt que sur celle de la peinture, Clément Boudin met en avant le cadrage du sujet. Le plaisir et l'évidence de l'image sont dérangés par son décalage. L'histoire bourgeoise ou coloniale de la nature morte, telle qu'elle se développe à partir de la nature morte hollandaise du XVIIe siècle, est perturbée dans ces tableaux qui, plutôt que d'être la proie du désir naïf de faire une "fenêtre sur le monde", se trouvent centrés sur quelque chose d'autre ; quelque chose qui ne se reposera pas ou ne restera pas immobile ; qui ne peut être capturé.

Les peintures de Boudin sont des "signaux fantômes" évoquant l'aliénation et la manière fantasmatique dont le travail humain réapparaît dans les marchandises et la plus-value ; ou comment les esprits peuvent être évoqués par des représentations du commun. L'obscurité qui entoure l'objet, son inquiétude et ses histoires non racontées, est imprimée dans le cadre et la matière de ces petites peintures noires.

La série Outils noirs est accompagnée d'une série de peintures de gants suspendus, qui étend les références au travail, à la construction et aux labeurs passés. Cette fois, le cadre est complet, mais toujours boueux et sombre. Boudin ne laisse pas à chaque fois la série dicter entièrement le programme ou une interprétation systématique de ses œuvres. Il y a de l'humour dans sa sélection d'œuvres ; Beckettien et mortel, mais drôle quand même.

------------------------------

Clément Boudin returns to the field of still life painting to refigure it in relation to his experience of living and art-making in a rural and communal project in Lacelle, Corrèze. The decision to relocate his art practice to a marginal and labour-intensive environment has opened up an interest in reexamining the received traditions that inform our reading of painting.

The Dark Tools series depicts traditional, basic tools, nearly hovering, apparition-like, in an undefined and shadowy space. Without the dramatic effects of Chiaroscuro, or other historic tricks of painting, the depicted objects live in a gloom of forgotten users and tasks. The style and technical delivery of the small paintings is historical and naturalistic, but escapes in the last instance from being anachronistic, through a clever use of misframing that cuts across the supposed subject of the painting.

Drawing on the history of photography rather than painting, Clément Boudin puts the framing of the subject centrestage. The pleasure and self evidence of the image are spoiled by the displacement of the image. The bourgeois or colonial history of still life painting as it develops from the Dutch 17th-century still life, is disrupted in these paintings which, rather than falling prey to the naif desire to make a ”window onto the world”, finds itself centred on something other; something that will not rest or stay still; that can not be captured.

Boudin’s tools paintings are ‘ghostly signals’, evoking alienation and the phantasmatic way human labor reappears in commodities and surplus value or how spiritual beings can be thought of as collective representations. The gloom around the object; its disquiet and its unmourned histories is pressed into the frame and material of these little black paintings.

Accompanying the Dark Tools series is a series of paintings of hung gloves, which extends the references to past work, construction, and labours. This time, fully framed but still muddy and dark. Boudin does not often let the series dictate fully the program or interpretive framework of his works. There is humour in his selection of works; Beckettian and deathly, but funny nevertheless.

 

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin

clement boudin